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Articles de la catégorie ‘études’

[infographie] L’accès aux soins des plus démunis en 2009

[Source et rapport détaillé : Médecins du Monde]

France : la communauté e-santé préfère le Mac !

Les twittos français engagés dans la santé aiment Apple !

C’est en tout cas ce qu’il ressort d’un twtpoll effectué entre le 15 avril après-midi et le 16 avril matin, sur un échantillon de 19 membres de la communauté #health20fr.

La méthodologie de cette étude n’est certes pas irréprochable mais la tendance qui se dessine est très nette : à la question « Ami(e)s #health20fr êtes vous plutôt Mac ou PC? », le Mac est largement en tête avec 68% de réponses.

Il faut noter le maintien dans la course de notre fleuron télématique national qui n’a pas encore rendu les armes apparemment.

Tout ceci est l’occasion de ressortir 2 pubs Apple tirant sur des ficelles médicales pour expliquer quelques différences fondamentales qui existent entre les 2 mondes.

Twitter et info santé de qualité, c’est pas automatique

Praed Street W2, originally uploaded by rhiaphotos.

Pour compléter (et tempérer) mon billet d’hier, merci à @TiphaineMF qui signale une publication récente mettant en perspective les contenus partagés sur Twitter dans la santé, reprise entre autre par KevinMD et l’EFPIA sur son blog.

Il s’agit cette fois ci d’une analyse des discours véhiculés sur Twitter sur les antibiotiques c’est pas automatique (pardon).

Parmi les 1000 tweets analysés par les auteurs, un certain nombre peuvent conduire à des erreurs et mésusages à propos des antibiotiques :

Of the 1000 status updates, 971 were categorized into 11 groups: general use (n = 289), advice/information (n = 157), side effects/negative reactions (n = 113), diagnosis (n = 102), resistance (n = 92), misunderstanding and/or misuse (n = 55), positive reactions (n = 48), animals (n = 46), other (n = 42), wanting/needing (n = 19), and cost (n = 8). Cases of misunderstanding or abuse were identified for the following combinations: “flu + antibiotic(s)” (n = 345), “cold + antibiotic(s)” (n = 302), “leftover + antibiotic(s)” (n = 23), “share + antibiotic(s)” (n = 10), and “extra + antibiotic(s)” (n = 7).

J’adhère à la pour ma part à la conclusion de KevinMD à propos de ce constat :

That’s a major reason why medical professionals need to become more active on Twitter and Facebook. Not to give personal health advice, of course, but to “flood the web” with legitimate health information, and to provide patients with reputable medical sources.

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Am J Infect Control. 2010 Apr;38(3):182-8.

Scanfeld D, Scanfeld V, Larson EL. – Dissemination of health information through social networks: twitter and antibiotics.

Twitter ou l’épidémiologie open source ?


Monitorer le web est utile dans de nombreux domaines, comme celui de la surveillance de l’état de santé des populations et la détection de nouvelles menaces sanitaires, c’est le domaine de l’épidémiologie.

Bien sûr l’épidémiologie existe depuis bien avant l’émergence du web, mais avec l’évolution de celui-ci, vers le 2.0 et le user generated content notamment, elle connaît de nouvelles perspectives intéressantes à décoder.

Du terrain aux données en ligne

A la base les outils épidémiologiques sont ceux de « la vrai vie », c’est à dire l’expérience du terrain, comme par exemple le Réseau Sentinelles en France, renommé pour sa surveillance de la grippe saisonnière, qui réunit plus de 1300 médecins généralistes, qui centralisent (via le web) de manière hebdomadaire les informations recueillies au cours de leurs consultations sur différentes pathologies infectieuses ou non.

D’autres outils scannent les sources d’information en ligne (fils d’actualité et sites web) et analysent les signaux relatifs à la santé des populations qui sont émis par ces sources. Ce sont notammant des outils développés spécifiquement par les institutions comme le Global Public Health Intelligence Network (GPIHN) de l’Agence de Santé Publique du Canada et de l’OMS ou le Medical Information System (MedISys) de la Commission européenne.

A signaler également, l’interface des sources d’information, en ligne ou issues du terrain, avec la localisation de ces sources qui permet de visualiser les tendances de manière géographique, c’est par exemple le concept de HealthMap, en illustration de ce billet.

Ces outils sont basés sur des applications spécifiques et demandent un travail quotidien de maintien et de vérification de la qualité des sources qui sont pas essence très variables, d’autant que parmi les sources suivies nombreuses sont dites « informelles » (comprendre « non médicales »).

Plus récemment des acteurs du web, a priori éloignés du monde de la santé (mais qui le sont de moins en moins…), se sont penchés sur les données échangées sur le web pour les mettre en perspective dans un objectif de recherche épidémiologique. Le cas le plus connu est celui des Google Flu Trends, développées par Google.org, la branche philanthropique du géant de la recherche, qui se base sur les termes de recherche des internautes et qui a montré la relation qui existe entre l’utilisation du moteur de recherche et l’évolution de la grippe saisonnière sur le terrain. Ces travaux ont abouti à une publication dans la revue Nature.

Vers l’épidémiologie « open source »

Là où Google exploite nos ses données tirées des recherches qu’il enregistre quotidiennement, des chercheurs se sont récemment penchés sur des données librement accessibles, échangées par les utilisateurs des réseaux sociaux, et en particulier de Twitter. Ces chercheurs ont ainsi pu s’affranchir du côté propriétaire des applications et des données sources, en accédant à des données informelles ici aussi car non officielles et encore moins validées médicalement.

Dans une étude présentée récemment au congrès européen de l’European Society of Clinical Microbiology and Infectious Diseases, P. Kostkova, E. de Quincey, G. Jawaheer, chercheurs au Centre de recherche en e-santé de la City University à Londres, ont montré l’intérêt de Twitter comme outil d’alerte précoce et de détection d’un événement sanitaire émergent, ici la pandémie de grippe A/H1N1.

Au cours de cette étude, conduite entre mai et août 2009 sur Twitter, ils ont extrait et collecté 1 millions de tweets se rapportant à la grippe A/H1N1, parmi lesquels un certain nombre étaient des annonces à ses followers qu’un utilisateur était atteint de cette fameuse grippe :

We searched and collected over 1 million tweets in the period from May until August 2009 and carry on collecting them on a minute bases to understand public concerns, keywords used and the profile of users who discuss these topics on the web.
Results: We found over 1 million tweets reporting flu related illnesses and symptoms via Twitter in this period. Most popular words in tweets were these (frequency in brackets): flu (138, 260), Swine (99, 179), Have (13, 534), Cases (13, 300), H1N1 (9, 134), Has (8, 010) etc. The actual sentence “I have swine flu” appeared 2, 888 times and “I have flu” 1,530 times. Further evaluation of the collected tweets, semantic relationship of keywords, geolocation of posters is underway and will be presented at the conference.

Source : The potential of Twitter for early warning and outbreak detection (Abstract).

Je vois dans cette information la confirmation de la théorie des signaux faibles (©), chère à mon ami Alain, qui dit qu’un faible volume d’échanges sur twitter correspond à des conversations intenses dans la vrai vie et qui témoigne de l’intérêt de twitter comme outil de veille des conversations on-line et off-line dans le monde, notamment dans la santé.

Des travaux à suivre en tout cas…

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[Billet inspiré de cet article repéré via @StephProd et @jeanlucr]

links for 2010-02-17

La recherche clinique et les Français : du positif et plus d’information demandée

En 2008, 8% de la recherche clinique internationale était conduite en France, si on compte les patients participants à des essais cliniques (source Leem).

Plus récemment, 46 % des Français se disent prêts à participer à un essai clinique, c’est ce qu’un sondage commandé par l’Institut Lilly à l’IFOP, conduit fin 2009 et début 2010 a montré, sondage qui portait sur l’image et les connaissances de la recherche clinique du point de vue des Français.

Dans ce sondage, dont les résultats et l’analyse sont accessibles sur le site web « la recherche clinique et vous« , plusieurs tendances à noter :

–  Les Français ont généralement une image positive de la recherche clinique et de son utilité : pour 94 % des interviewés, les essais cliniques sont indispensables pour garantir la fiabilité des médicaments, 90 % considèrent que les essais cliniques constituent une véritable chance pour les patients de bénéficier de traitements innovants et 74 % considèrent que leur mise en œuvre est sûre, car bien encadrée.

– Certains aspects de la recherche clinique sont cependant peu ou mal connus des Français :

  • les modalités des essais cliniques : 68 % estiment que la recherche clinique concerne autant les animaux que les être humains. A peine 23 % estiment à juste titre que les essais cliniques ne concernent exclusivement que les êtres humains. De plus 70 % des Français déclarent que les essais cliniques sur les enfants et les adolescents sont interdits, alors que ce n’est pas le cas.
  • leur durée : seuls 22 % des interviewés estiment avec exactitude la durée effective du processus, soit environ une dizaine d’années.
  • ou encore leur financement : une courte majorité (53 %) pense que la recherche clinique est majoritairement financée par des fonds privés.

– Du côté des priorités à donner à la recherche et aux essais cliniques, les Français plébiscitent le cancer, puis le sida, la maladie d’Alzheimer et ensuite les maladies rares.

– Concernant l’information sur la recherche clinique les Français sont demandeurs, sur les risques associés à la participation aux essais en particulier : Ils sont 72 % à penser que les essais cliniques devraient faire l’objet de campagnes de sensibilisation et considèrent, pour 73 % d’entre eux, que le sujet n°1 à aborder, pour améliorer la connaissance du grand public sur les essais cliniques, est celui des risques encourus par les patients.

Dans le détail, le médecin traitant est la personne privilégiée par les Français pour la recherche d’informations ou pour l’orientation vers un essai clinique (en priorité pour 59% des personnes interrogées), et le web prend la seconde place comme source d’information (pour 11% des personnes interrogées comme la source prioritaire et pour 26% cité comme une source parmi d’autres). Paradoxalement, le pharmacien n’est cité que par 2% des répondants comme l’interlocuteur prioritaire.

Cette mise en avant du web est une information intéressante à mon sens et en lien avec l’utilité des outils web pour faciliter la participation aux essais cliniques. Je me suis déjà intéressé plusieurs fois à ces outils, notamment avec les exemples d’utilisation de twitter ou de sites web visant spécifiquement à recruter des patients. Mais il reste fort à faire grâce web pour bien informer sur la recherche – à l’image de l’initiative récente de l’ARC de mise en relation des chercheurs avec les citoyens – et sensibiliser au mieux les Français à l’utilité de participer à la recherche clinique.

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[Illustrations extraites de la brochure « recherche clinique où en est on ? » disponibles sur  larecherchecliniqueetvous.com]