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Articles de la catégorie ‘événements’

Le génome humain, 10 ans après dans Nature


Le 15 février 2001 la revue Nature publiait  Initial sequencing and analysis of the human genome, un article de 62 pages qui présentait une première ébauche du génome humain, fruit des travaux du consortium international Human Genome Project établi une dizaine d’année auparavant.

Dix après, Nature publie un dossier spécial qui revient sur une décennie d’avancées en génétique, biologie et médecine.

Le recul n’est pas encore suffisant pour évaluer l’impact de ces avancées scientifiques pour la médecine au quotidien, mais il est impressionnant de mesurer le chemin parcouru en 10 ans, en terme de volume de données exploré, de nouvelles connaissances acquises et de progrès des technologies qui ont rendues possibles ces travaux .

En bonus geek pour marquer le coup, Nature offre une appli iPad pour accompagner son édition spéciale à récupérer ici.

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#health2eu : mes 10 premières impressions

Dix impressions personnelles, à chaud, sans hiérarchie particulière, après les 2 jours #health2eu, pardon, Health 2.0 Europe, un événement riche en informations, discussions, idées et rencontres…

1- Twitter est devenu l’outil incontournable pour accompagner un tel événement. Pour s’en rendre compte il suffit de consulter les statistiques du hashtag officiel #health2eu (3,232 tweets, 320 contributeurs ce matin) et les données brutes compilant deux jours de tweets : impressionnant !

2- Des interactions avec le public, par sondage en direct qui permettent d’orienter les débats, notamment durant les sessions de questions / réponses.

3- La Pharma qui se cherche encore dans l’environnement santé 2.0 : sponsor, partenaire des réseaux de patients, porteuse de messages de santé publique, acteur de recherche… ? A ce titre et en lien avec le point précédent, une contradiction dans la perception du rôle de la Pharma sur le volet recherche : à propos des relations entreprises de santé / réseaux de patients, moins de la moitié de l’auditoire pense que l’implication des entreprises pharmaceutiques peut être bénéfique, dans le même temps 60% du public voyait dans les réseaux de patients des outils utiles pour la recherche clinique…

4- Des présentations compliqués d’outils simples (voir d’outils compliqués) mais aussi des présentations simples d’outils novateurs. J’ai une préférence pour la seconde option. A ce sujet, les trois présentations et services qui m’ont le plus marqué : la plate-forme de partage de cas cliniques medting.com, l’expérience des patients britanniques pour améliorer les services du NHS patientopinion.org.uk ou les  600 fils RSS médicaux compilés par medworm.com.

5- De belles rencontres, tweeter, bloguer c’est virtuel mais cela amène à des rencontres dans la vraie vie, et c’en est d’ailleurs tout l’intérêt : des rencontres de superstars de la santé 2.0 (@berci, @jamie_heywood, @supergelule) ou de simples congressistes… Toujours sympa de mettre un visage et une voix derrière un twitter ou un blog !

6- Une organisation militaire millimétrée et hyper bien timée, qui change des événements franco-français qui dérivent parfois en longueur pour non respect de l’agenda.

7- Des outils pour évaluer, noter, apprécier les service de santé et notamment l’hôpital, comme Le Guide Santé en France.

8- Des références toujours utiles aux fleurons de la technologie française : le TGV et le Minitel !

9- Des autorités françaises encore un peu frileuses par rapport au web 2.0 : l’AP-HP qui « ne déconseille, ni ne recommande les réseaux sociaux aux patients », la HAS qui reconnait officiellement la certification Health on the Net, mais, mais… voir à ce sujet le post de @grangeblanche qui partageait ses réactions à distance via twitter et le lancement du futur meme #jeneconnaispas.

10- Des blockbusters US de la santé 2.0 (PatientsLikeMe, Sermo, Google Health…) mais aussi des blogueurs frenchy qui bousculent le paysage de l’information santé, à l’occasion de  la très intéressante table-ronde du deuxième jour animée par Lucie @RPsante.

Plein de choses encore à digérer avant d’en dire plus… En attendant, bravo aux organisateurs, bénévoles et sponsors de cet événement.

Comment exercerez vous la médecine en 2015 ?

… c’était le titre un peu ambitieux de la session du Médec 2010 consacrée à la e-santé, hier mercredi 17 mars.

Ambitieux aux dires même de Dominique Lehalle, l’animatrice de cette session parrainée par l’Agence des Systèmes d’Information Partagés de santé, ou ASIP Santé (ex-GIP DMP), puisqu’en 1h30 il était entendu qu’il serait impossible de cerner l’exercice de la médecine en 2015 et de proposer une visite du « cabinet médical du futur »*.

Salle comble au début (moins à la fin) de cette session e-santé donc, au cours de laquelle ont été abordés les thèmes concourant à créer un environnement favorable aux solutions de télémédecine et e-santé :

  • Contraintes démographiques : moins de médecins et des manières d’exercer la médecine qui évoluent (regroupement, partages des tâches), une population vieillissante et une augmentation de la part des maladies chroniques…
  • Contraintes économiques : un système de santé déficitaire, des choix à faire en terme de rémunération des actes médicaux…
  • Demande sociétale grandissante d’accès aux soins, aux services et biens de santé, le patient au coeur et véritable acteur « prescripteur » du système de santé…
  • Contexte réglementaire en évolution (loi HPST, ARS, maisons de santé…) et volonté politique de développer l’e-santé en France…

Cependant des obstacles restent encore à lever : optimisation des systèmes d’informations, de leur interopérabilité, permettant que les données soient partagées entre tous les acteurs, en ville et à l’hôpital. De plus la question du business model et des ressources que les pouvoirs publics sont prêts a consacrer aux solutions de télémédecine est à nouveau posée : les temps actuels sont peu propices aux investissements et plutôt à la maîtrise des coûts de santé.

En guise d’illustration, on retiendra la présentation du dispositif Intel Health Guide, de suivi à domicile de patients âgés chroniques, basé sur une interface localisée au domicile, permettant un monitoring à distance du patient accompagné de programmes d’éducation thérapeutique.

Ce dispositif a été déployé en dans le Lothian, en Ecosse, sous l’égide de la branche locale du NHS, en phase pilote auprès d’une cohorte de 30 patients, visant à tester l’adhésion à ce type de solution de télémédecine.

A voir pour comprende, cette vidéo, projetée durant la session, présentant le dispositif et le retour des différents intervenant y ayant pris part (avertissement : bonnes connaissances de l’anglais avec fort accent écossais requises pour comprendre toutes les subtilités de l’appréciation : ) )

Tous ce dispositif est marqué CE, et sera disponible en France à la mi 2010.

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* à ce sujet et en mode ‘retour vers le futur’, il est toujours plaisant de trouver sur le web, des archives datant de 1999 (ce qui à l’échelle du web correspond à peu près la sortie de la pré-histoire), janvier 1999 donc et ce colloque au titre prometteur : L’Informatisation du Cabinet Médical du Futur.

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Plus de sujets e-santé sur biogeekblog.

Journée mondiale contre le cancer : dialoguez avec les chercheurs !

On a pas tous les jours l’occasion de pouvoir interagir avec des chercheurs que l’on imagine, en blouse blanche dans leurs labos, affairés à des projets de recherche fondamentaux ou appliqués, plus ou moins incompréhensibles pour le citoyen lambda.

Pourtant le citoyen se pose légitimement des questions sur la recherche, sur ses enjeux et sur les progrès attendus.

A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le cancer, l’ARC se fait l’intermédiaire entre le grand public et la communauté de la recherche dans le domaine du cancer, et propose aux deux mondes de dialoguer sur questions-chercheurs.com. Chacun est libre de poser des questions et de partager ses interrogations sur les travaux en cours.

En effet, sous l’égide de l’ARC, d’éminents chercheurs, spécialistes du cancer, se mobilisent à partir du 4 février et pendant 2 mois (et plus si besoin) pour échanger avec les médias et le public. Ils répondront sur questions-chercheurs.com aux questions portant sur la recherche sur le cancer en général et sur leur champ d’expertise : la prévention et le dépistage, le cancer du sein, le cancer de la prostate, le cancer du foie, les cancers de l’enfant et les virus responsables de cancer.

Quatre sujets de discussion sont proposés : la recherche sur la prévention et le dépistage, les avancées de la recherche, la recherche sur les traitements des cancers et le soutien de l’ARC à la recherche.

Cette équipe de chercheurs est constituée de personnalités suivantes qui pour l’occasion se présentent sur la chaîne dailymotion de l’ARC :

  • Daniel Birnbaum, directeur de l’équipe « Oncologie moléculaire » au centre de recherche en cancérologie de l’Institut Paoli-Calmettes de Marseille.
  • Marie-Annick Buendia, directrice de l’unité de recherche « Oncogenèse et virologie moléculaire » à l’Institut Pasteur de Paris.
  • Olivier Cussenot, directeur de l’unité de recherche « Urologie » à l’hôpital Tenon à Paris.
  • Guy Launoy, directeur de l’équipe « Cancers et Populations » à l’Université de Caen – Basse-Normandie.
  • Jean Michon, chef du département d’oncologie pédiatrique à l’hôpital de l’Institut Curie à Paris.
  • Jessica Zucman-Rossi, directrice de l’équipe mixte Inserm-Université Paris Descartes « Génomique fonctionnelle des tumeurs solides » à l’hôpital Saint-Louis, Paris.

A signaler enfin : cette belle initiative est également relayée sur twitter (@ARCcancer) et sur facebook.

nanotechnologies : débatez (bientôt) en ligne

Certaines des applications des nanotechnologies font partie de notre quotidien, dans les domaines de l’électronique, des matériaux de construction ou bien sur dans celui de la santé. Si les nanotechnologies ouvrent de nombreuses perspectives, leur développement n’est pas exempt de risques potentiels. Le grand public est invité à débattre non seulement des perspectives socio-économiques du développement des nanotechnologies mais aussi de leurs enjeux sanitaires, environnementaux et éthiques.

Demandé par le Gouvernement en application des engagements du Grenelle de l’environnement, le débat public sur les options générales en matière de développement et de régulation des nanotechnologies se déroulera du 15 octobre 2009 au 24 février 2010. Ce débat sera jalonné par des réunions publiques organisées dans 17 villes de France.

Le web sera aussi un lieu de débats avec un site web d’information et de participation créé pour l’occasion et lancé aujourd’hui 23 septembre.

Le site web du débat public www.debatpublic-nano.org permettra à chaque citoyen de s’informer sur les nanotechnologies, sur le fonctionnement du débat public et de participer au débat en posant des questions en ligne ou en déposant des contributions.

Après les États généraux de la bioéthique, j’en avais parlé ici, c’est un autre domaine étroitement lié aux sciences de la vie sur lequel les pouvoirs publics adoptent une posture très ouverte en demandant une participation active des citoyens et en se basant notamment un dispositif web participatif.

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(source: communiqué de presse de la CPDP nanotechnologies du 23 septembre 2009)

Lancement d’ophtalmo.tv : interview de Jean-François Girmens

ophtalmo.tv a officiellement été lancé en ce début septembre 2009. Cette webTV médicale, consacrée à l’ophtalmologie est à ma connaissance, une première dans le paysage web santé français et francophone. J’ai demandé au docteur Jean-François Girmens, co-fondateur d’ophtalmo.tv, de nous présenter le projet et ses origines.

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Un objectif clair et novateur, la rencontre d’expertises complémentaires, la constitution d’une équipe autour de ces expertises et beaucoup de travail amont sont quelques uns des ingrédients de ce projet, qui est un exemple concret de convergence entre web et médecine en France.

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– Peux tu te présenter et présenter ophtalmo.tv ? ainsi que ton rôle dans le projet ?

Je suis ophtalmologiste hospitalier (hôpital des Quinze-Vingts à Paris), avec une activité essentiellement dirigée vers les pathologies rétiniennes d’une part et la recherche clinique d’autre part.
ophtalmo.tv est le fruit de la rencontre entre 2 ophtalmologistes (moi même et un ophtalmologiste libéral, le Dr Patrice Votan-Paris), autour d’un ancien cadre d’un labo oph (avec de certaines compétences en vidéos), puis un webmestre Damien Poirot (pour l’aspect technique). Outre le statut de cofondateur, nous partageons avec mon confrère la tâche de directeurs de la rédaction (ophtalmo.tv est structuré comme un journal, avec comité de rédaction et conseil scientifique), et du fait de certains « antécédents » (cf réponse suivante), je suis un peu à cheval entre le versant « rédaction » et le versant « webmestre »…

– Quelles sont les origines du projet et constats qui ont conduit à cette idée ? Comment le projet a t’il été conçu et développé ?
Tout d’abord, cela vient d’un certain cheminement que j’ai réalisé, commençant par mettre en ligne sur une page html toute simple quelques unes de mes communications, puis, pour les besoins de mon service, la création d’un site internet d’information pour mes confrères (www.fedret.fr). J’ai alors été amené à parcourir de nombreux sites ophtalmo et médicaux (anglo-saxons pour la plupart), mais aussi beaucoup surfer sur le net et utiliser de plus en plus les outils web2.0. Petit à petit, j’ai commencé à comprendre l’intérêt que de tels outils pouvaient présenter pour la pratique médicale… et ai fini par me sentir frustré de n’être que « webmestre » d’un site sur lequel je ne pouvais m’exprimer « personnellement » : mon blog était donc né (oph.girmens.fr), avec une double thématique : ophtalmologie et internet !
Suite à ces deux expériences, deux autres sites ont vu le jour : un wiki pour mon service (www.cicoph.org/wiki) et le site d’une association de patients (www.asso-ovr.fr)… et j’essaie de contribuer ça et là, dans la mesure de mes disponibilités (trop faibles à mon goût), à diverses choses (MedWorm Associate, medecine.2.0.free.fr, traduction française de webicina…)

Pendant ce temps là, le projet ophtalmo.tv est né d’une part de l’idée de mon confrère de transposer sur internet certains ouvrages didactiques qu’il avait eu l’occasion de publier, d’autre part de mon observation du web avec le développement des sites de diffusion vidéos et le fait que l’ophtalmologie se prête particulièrement bien à ce type de communication. Un site américain nous a d’ailleurs précédé, mais sur un modèle ressemblant plus à YouTube (Eyetube.net). Les deux projets se sont rejoints en discutant d’abord chacun de notre côté avec A. Danse (l’ancien cadre), puis plusieurs versions d’essai « bricolées », et diffusées « confidentiellement » (depuis 2007) mais dont le principe a été bien accueillis auprès de confrères « testeurs » nous ont fait passer à la vitesse supérieure (validation d’un business model, étude des différentes contraintes légales, création de société, constitution des comité de rédaction et conseil scientifique, aide d’un webmestre).

– Quel est le « business model » d’ophtalmo.tv ?
Le business model est basé sur la publicité : l’accès est donc gratuit et réservé aux professionnels de santé.
Dans un second temps, nous avons d’autres idées de services associés, qui, selon les premiers « résultats », resteront gratuits ou nous développerons des offres « premium » pour certains d’entre eux (la web TV restera elle gratuite : donc, il pourrait s’agir de « Freemium »).

– Comment vois tu le futur du web ophtalmo et plus généralement celui du web santé ?
Si je suis avec beaucoup d’intérêt (mais manque un peu de temps aussi malheureusement) toutes les possibilités offertes par le web notamment en ce qui concerne la communication inter-professionnelle (blogs, twitter, réseaux sociaux, outils de travail collaboratif, recherche documentaire, veille bibliographique, etc…), avec les patients (PatientsLikeMe), et de la part de l’industrie (notamment sur twitter ces derniers temps), je suis encore un peu réservé quant à l’utilisation et la pénétration de tels outils chez les médecins français (et en particulier ophtalmos)… mais ils vont certainement s’y mettre. L’avenir immédiat me semble donc être à la formation et l’information des médecins sur l’utilisation de tous ces outils…

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Je remercie Jean-François Girmens pour sa disponibilité et souhaite une très longue vie à ophtalmo.tv !