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Articles Tagués ‘bionumérique’

Sympo TIC & Santé, 22 janvier : le centre national de référence santé à domicile autonomie

Le temps passe et j’ai encore des éléments à partager à propos du symposium TIC & Santé du 22 janvier dernier, à savoir la seconde conférence, de présentation du Centre National de Référence Santé à Domicile et Autonomie et enfin la dernière sur laquelle je reviendrai dans un prochain billet, à propos du récent rapport de la mission parlementaire Lasbordes sur la télésanté.

Le CNR Santé à Domicile et Autonomie, présenté par Patrick Malléa, Responsable des projets Santé, Pôle Solutions Communicantes Sécurisées, est une structure nouvellement créée (décembre 2009) résultant de l’association des CHU et des pôles de compétitivité de quatre villes françaises (Grenoble, Nice, Toulouse et Limoges) en réponse à un appel à projets lancé en 2008 par le gouvernement, en vue de fédérer en France une filière télésanté et santé à domicile.

Cette super structure nationale, physiquement localisée à Nice, a avant tout pour objet de valoriser au niveau national, en cohérence, les compétences et les technologies dans le domaine de la télésanté et d’éviter des initiatives dispersées et non coordonnées. Elle regroupe hors de ses membres fondateurs, des offreurs privés (France Télécom, IBM…) ou publics (laboratoires académiques INRIA, CEA…) de solutions en télémédecine, des utilisateurs (laboratoires pharmaceutiques comme Pierre Fabre, associations comme l’AFM ou le CISS) ainsi que d’autres partenaires (FHF, SNITEM…).

Le CNR doit permettre de répondre à trois enjeux des TIC dans le domaine de la santé :
– Atteindre de nouvelles performances dans le domaine sanitaire et social,
– Evaluer les résultats du « service rendu » de la télémédecine en terme d’amélioration de la qualité de vie,
– Développer l’acceptation et des comportements favorables à l’émergence de nouvelles pratiques médicales basées sur les TIC.

Les domaines prioritaires d’interventions du CNR seront celui de la population générale (à nouveau cette notion de comportements favorables à la télésanté), mais aussi les patients chroniques, le handicap, le vieillissement et la dépendance.

Le CNR mobilisera également les filières pouvant apporter leur expertise à la santé à domicile et au maintient d’activité en cas de maladie (secteur du sport et et des loisirs, des voyages, de la communication et du multimédia, ou encore de l’alimentation et de l’habillement). Des ponts seront également à créer avec le secteur de l’habitat (architecture et urbanisme favorables) et enfin la collaboration des financeurs du système de santé sera indispensable pour la cohérence de la filière télésanté en France.

Les résultats du CNR seront évalués sur des critères d’amélioration de la qualité de vie des utilisateurs, d’évolution de l’organisation du système de santé et de dévelopement de la compétitivité, de l’emploi et et de l’innovation (nouveaux métiers – le rôle de relai du pharmacien d’officine a été cité – et nouvelles entreprises sur la santé à domicile).

Dans le dispositif CNR, les pôles de compétitivité auront en effet pour rôle de faire émerger et de labelliser des produits, solutions et services permettant de développer la télésanté, et donc faire émerger ces nouvelles entreprises.

Le CNR Santé à Domicile et Autonomie est donc une initiative à saluer, notamment de part les ambitions affichées et l’étendue des thématiques explorées, et dont la traduction en actions concrètes – j’avoue être resté sur ma faim à ce sujet – et les résultats seront à suivre dans l’avenir.

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A lire également à propos du symposium TIC & Santé du 22 janvier 2010 :

bionumérique : 3 clusters dans la course

sympo TIC & Santé, 22 janvier : System biology, omics, translational cancer medicine

Sympo TIC & Santé, 22 janvier : la robotique au service de la personne

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Sympo TIC & Santé, 22 janvier : la robotique au service de la personne

Matinée TIC & Santé suite : il s’agissait bien de la troisième conférence (et non de la seconde comme annoncé dans mon précédent post, je me suis emmêlé dans mes notes…), sur les apports de la robotique à l’assistance à la personne avec la démonstration de Nao le robot humanoïde développé par la société parisienne Aldebaran Robotics, représenté par Bruno Maisonnier, son fondateur.

La France est avec le Japon un des pays en pointe dans le développement de la robotique humanoïde, les Etats Unis étant paradoxalement peu actifs sur ce créneaux, privilégiant les applications dans le domaine de la défense. Le virage de la robotique humanoïde a en effet été sérieusement amorcé par le Japon qui anticipe un changement démographique majeur dans les prochaines années, avec de moins en moins d’actifs et une population vieillissante, en perte d’autonomie et nécessitant plus de soins. Les robots constitueront une alternative ou plutôt un complément à l’accompagnement de ces personnes, en accomplissant des taches aujourd’hui réservées à l’homme.

Mais la robotique humanoïde est encore aujourd’hui au stade de la recherche et du développement, un certain nombre de problématiques sont à régler avant de partager son quotidien avec les robots, allant de l’acceptation du robot par la personne, à des défis technologiques comme la conception de robots de taille humaine.

Pour en revenir à Aldebaran, Bruno Maisonnier a évoqué des travaux avec l’Institut de la Vision, dans lesquels Nao et ses descendants de plus grande taille, tels que Romeo, deviendront des assistants personnels aux personnes malvoyantes.

Dans le domaine de l’éducation à des gestes thérapeutiques, les robots humanoïdes peuvent présenter un côté ludique bénéfique à l’apprentissage, c’est un autre axe de recherche pour Nao, mis en oeuvre avec des enfants diabétiques à l’Hôpital San Raffaele de Milan (voir ce blog).

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La suite des conférences de la matinée dans un prochain post, avec la présentation du Centre National de Référence Santé à Domicile et l’Autonomie (qui était bien la seconde conf, et non la troisième, il faut suivre…; ).

Sympo TIC & Santé, 22 janvier : System biology, omics, translational cancer medicine

« System biology, omics, translational cancer medicine » était le thème de la première conférence de la matinée TIC & Santé du 22 janvier dernier, présentée par Yves Pommier, patron du Laboratoire de Pharmacologie Moléculaire du National Cancer Institute.

Une conférence passionnante et très pointue sur l’apport des systèmes de connaissances au drug discovery dans les domaines de la bioinformatique, de la fouille de données (ou data mining) et des -omics.

Le Laboratoire de Pharmacologie Moléculaire du National Cancer Institute intervient en amont dans le processus d’identification de nouveaux anti-cancéreux en criblant des molécules candidates sur des lignées cellulaires qui constituent des modèles expérimentaux de différents types de tumeurs.

Croiser une base de plus de le 500.000 molécules sur 60 modèles cellulaires génère une immense quantité de données, d’autant qu’avec les avancées de la génétiques des 2 dernières décennies, les paramètres d’analyse se multiplient : de la « simple » toxicité des molécules sur les cellules, on est passé à l’analyse des interactions entre les molécules et l’ADN des cellules tumorales (analyse de l’expression génique – au niveau de l’ADN et de l’ARN – des cellules exposées aux molécules testées).

Un profil d’expression génique des cellules exposées aux potentiels anti-cancéreux est ainsi obtenu qui porte sur plusieurs milliers de gènes par lignée cellulaire.

En plus de qualifier les molécules à tester et de les sélectionner pour des recherches ultérieures, cette approche permet également de comprendre le rôle des gènes et de leurs dérivés (les micro-ARN par exemple) dans les mécanismes tumoraux en comparant les résultats entre lignées cellulaires, et d’identifier des gènes spécifiques de chaque type de tumeur.

En plus de ce côté analytique qui requiert des puissances importantes de calcul, la base de données des molécules testées est ouverte puisqu’elle peut être alimentée par de nouveaux composés synthétisés par l’industrie pharmaceutique et biotech ou par des labos académiques. Les molécules anticancéreuses sur le marché y sont également ajoutées.

Les données issues des analyses sont disponibles pour la communauté scientifique à partir d’une page web, qui permet d’accéder aux bases de données et aux applications bioinformatiques du laboratoire.

Outre la présentation par Yves Pommier d’applications bioinformatiques dans le domaine de la découverte de médicaments, il faut retenir à mon sens de cette première session le modèle de recherche participative et ouverte, par l’accès et le partage des outils, des modèles expérimentaux et des résultats. Ceci n’est pas sans rappeler une initiative comparable dans le secteur privé, que j’avais abordé ici.

Dans un prochain post, pour poursuivre sur ce symposium TIC & Santé, je reviendrai sur la présentation du robot Nao par Aldebarran Robotics et de ses applications dans le domaine de la santé.

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Si j’ai raconté n’importe quoi sur la génétique, n’étant pas spécialiste, n’hésitez pas à me corriger dans les commentaires !

[image : ‘The thrillingness that is systems biology‘ / alisoncownie sur flickr]

bionumérique : 3 clusters dans la course

American Robotic, originally uploaded by tubes..

J’ai assisté en fin de semaine dernière, à l’Institut Pasteur, au lancement du Partenariat TIC & Santé par les pôles de compétitivité Medicen, System@tic et Cap Digital.

Ces trois pôles de compétitivité franciliens abordent chacun des thématiques a priori éloignées (santé et médecine pour Medicen, systèmes complexes pour System@tic et contenus numériques pour Cap Digital) et ont choisi de s’associer pour développer de nouveaux produits et services à l’interface de la santé et des nouvelles technologies.

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