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Articles Tagués ‘biotech’

NiCox et FDA : « on refait le match » sur twitter

Pas facile la vie d’une biotech quand les autorités ne sont pas encore prêtes à donner accès au marché à son produit le plus avancé. Et pas facile de garder la confiance des actionnaires qui ont investit pour supporter la R&D et espèrent voir de la valeur générée par le produit afin au minimum de rentrer dans leurs frais et si possible de multiplier la mise initiale.

@supergelule résume bien la situation et déclenche le mini-buzz biotech du jour sur twitter :

NiCox société de biotech française créée en 1996 vient d’essuyer un avis peu encourageant de la FDA suite au dépot d’une demande d’AMM pour son produit phare le Naproxcinod dans le soulagement des signes et symptômes de l’arthrose. La FDA reproche en effet à NiCox un manque de données sur l’efficacité et la sécurité d’emploi de son médicament sensé, par la nature de son mécanisme d’action (Inhibiteur de Cyclooxygénase Donneur d’Oxyde Nitrique), entrainer notamment moins d’effet néfaste sur la pression artérielle et présenter une meilleure tolérance gastro-intestinale que les AINS conventionnels pour une efficacité équivalente, ce qui ferait du Naproxcinod une alternative avantageuse par rapport aux produits déjà présents sur le marché.

Sur twitter on compatît, on se dit que rien n’est perdu et que d’autres produits promoteurs sont dans le pipeline, en cardio et en ophtalmo notamment (et justement @grangeblanche et @JFG qui en connaissent respectivement un rayon, participent à la conversation), mais que ces produits ont encore un bout de chemin à parcourir et que certaines vieilles histoires de familles (mariages, divorces et enterrements) leur collent un peu à la peau. Bref on refait le match, en 140 caractères maxi et en partageant quelques liens informatifs.

Pour en revenir à NiCox, les actionnaires ont eux aussi leur espace de conversation sur le web, c’est nicox.blogspot.com, le « Blog non officiel consacré à la société biopharmaceutique Nicox afin d’échanger des informations et commenter l’actualité entre actionnaires ». Les analystes, eux, taillent la bavette sur Easybourse et Boursorama.

Bref, quand la conversation est technique et que les enjeux économiques et médicaux sont importants, le web joue bel et bien son rôle social et les échanges se font. Même en plein week-end à ralonge de mai. Le temps maussade y est, il est vrai, peut être pour quelque chose !

Et pour NiCox, réponse définitive en juillet. Alors acheter ou pas ?

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Mitotarget : de la mitochondrie au web

La SLA, Sclérose Latérale Amyotrophique, également connue sous le nom de maladie de Charcot, est une pathologie neurodégénérative, de progression rapide dont la physiopathologie implique une altération des motoneurones, cellules nerveuses responsables des mouvements volontaires. Des anomalies mitochondriales sont notamment évoquées pour expliquer la dégénérescence des motoneurones.

C’est sur la base de cette hypothèse que la société de biotech marseillaise Trophos développe actuellement le TRO19622, un candidat médicament qui cible les mitochondries et a montré dans des essais préliminaires une activité bénéfique sur leur fonctionnement quand ses organites sont soumis à divers stress.

Trophos est aujourd’hui à la tête de MitoTarget, un consortium hospitalo-universitaire européen qui a pour objectif de développer des traitements efficaces contre les maladies neurodégénératives dues à des dysfonctionnements mitochondriaux, SLA en tête.

Pour communiquer auprès des personnes intéressées par le projet, MitoTarget est également un site web lancé en mars 2010 qui présente les tenants et aboutissants du projet.

Trois espaces, traduits pour certains dans les 5 langues représentatives de la structure européenne du consortium, sont présents sur le site : le premier à destination du grand public et des patients notamment, est axé sur la maladie et le protocole de recherche clinique en cours, le second qui s’adresse aux professionnels adopte un language médicale pour fournir les informations essentielles sur le même registre, le dernier ciblant les institutionnels et investisseurs détaille la structure du consortium et les résultats attendus.

Même si le site ne possède pas de dimension « sociale » (au sens web 2.0), il faut saluer cette initiative de communication claire et précise, basée sur des contenus de qualité et adaptés aux populations ciblées. Cela n’est hélas pas toujours le cas des communications faites sur les projets de recherche européens type PCRD (non, non, pas d’exemple), espérons que d’autres institutions seront inspirées par ce modèle, piloté depuis la France qui plus est !

Pour compléter et à signaler également, SLA-pratique.fr, une ressource de qualité également concernant la SLA, et autre fait intéressant, la recherche Google pour le TRO19622 qui fait ressortir en première page, quatrième résultat, une page PatientsLikeMe, celle d’un membre de la communauté PLM SLA participant à un essai clinique en cours sur le produit (la dimension sociale n’est donc finalement pas très loin !).

Santé, biotech : qui innove en 2010 ?

Fast Company vient de publier son top des 50 entreprises les plus innovantes de ce début 2010.

Speed

Deux catégories ont retenu mon attention, Health Care et Biotech, et voici une lecture synthétique de ce que l’on peut en retenir :

Côté santé, plusieurs tendances se dessinent :

  • Le développement des dossiers médicaux électroniques (EMR) : Athenahealth (#3 santé #43 global) et son EMR en ligne pour diminuer la paperasse au cabinet médical, ou la HMO Kaiser Permanente (#5 santé) qui travaille avec le département des Vétérans US pour développer les échanges de données médicales et l’interopérabilité des systèmes. GE est également dans la course,
  • Le succès confirmé du modèle de réseau social en santé, tant pour les patients, avec PatientsLikeMe (#2 santé #23 global) ou que pour les professionnels, avec Sermo (#4 santé),
  • Les applications basées sur le web pour répondre à de nouvelles attentes des patients, AmericanWell (#10 santé) et la consultation médicale en ligne, ou encore à nouveau Athenahealth qui s’adresse aux médecins,
  • Des innovations « en dur » : les dispositifs ultra-portables (échographie, ECG…) pour GE (#1 santé #19 global), la robotique médicale pour Intuitive Surgical (#7 santé), les implants rétiniens pour Second Sight (#9 santé),
  • Et encore, l’éducation thérapeutique le coaching personnalisé dans les maladies chroniques pour la chaîne de pharmacies Walgreen (#6 santé) ou les solutions de médecine à distance en zone rurale pour Cisco System (#8 santé #17 global).

En biotech, 8 entreprises parmi les 10 classées le sont avec des applications pour la santé :

  • Les vaccins et particulièrement de nouvelles techniques de production industrielle pour Novartis (#1 biotech, #8 global) et Novavax (#9 biotech), mais aussi les médicaments issus des biotech, que sont anticorps monoclonaux et protéines recombinantes pour Roche/Genentech (#4 biotech) et Regeneron Pharmaceuticals (#10 biotech)
  • La médecine régénératrice basée sur les propriétés des cellules souches pour Cytori Therapeutics (#3 biotech) et Osiris Therapeutics (#6 biotech),
  • Les applications issues de la connaissance du génome et du développement des -omics (voir mon post récent à ce sujet) : médicament développé sur une hypothèse génétique pour Human Genome Sciences (#5 biotech),
  • Enfin, la stratégie de Biogen Idec (#5 biotech), que l’on aurait pu retrouver également dans la catégorie Health Care, qui développe des programmes d’accompagnement des patients traités par son médicament phare contre la sclérose en plaques.

Il faut noter que Biotech et Health Care sont distingués par Fast Company, peut être de manière délibérée pour faire rentrer plus d’entreprises dans les différents top ? ce qui signifierait, et confirmerait que biotech et santé sont des secteurs étroitement liés et porteurs d’innovation !

Même si la majorité des entreprises citées et classées est nord-américaine – quelques acteurs européens sont présents en bonne place dans la catégorie biotech – Fast Company propose des focus régionaux sur l’Inde et sur la Chine.

Et l’entreprise la plus innovante pour Fast Company en ce début d’année 2010 ? 15 millions de Français en sont « client » ou l’ont au moins utilisé une fois, vous voyez de qui je veux parler ?

[photo : tubes / flickr]

Chercheurs, testez en ligne vos candidats médicaments !

Mettre sur le marché un nouveau médicament prend (au mieux) une dizaine d’années et coute près d’un milliard de dollars. Pour un nouveau médicament commercialisé, on estime que 5000 à 10.000 composés ont été testé en amont (source)

Red Pills, originally uploaded by Xavi Calvo.

Le processus de R&D est partagé entre plusieurs types d’acteurs : des industriels, biotech ou pharma, et des chercheurs du monde public qui interviennent principalement au niveau de la recherche fondamentale en décodant les mécanismes biologiques des maladies et proposant des scénarii de traitement possible, sous forme de molécules d’origine chimique ou biologique qui vont interagir avec le mécanisme pathologique.

Ces deux mondes se rencontrent naturellement depuis longtemps et les collaborations sont nombreuses, mais le web peut-il aujourd’hui booster ces collaborations et devenir un outil utile au drug discovery ?

C’est le pari qu’à récemment fait Eli Lilly, laboratoire pharmaceutique nord-américain, qui a mis sur pied la plate-forme PD2 (prononcer « Pi Di Square ») pour Phenotypic Drug Discovery.

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Le principe en est simple : permettre à des structures de recherche universitaire ou des entreprises de biotech, de tester les molécules développées en interne dans des batteries de tests validés, d’abord par des techniques de modélisation moléculaire (recherche in silico), puis in vitro, dans des modèles de pathologies humaines, les modèles phénotypiques.

La première phase de test consiste pour l’institution publique ou l’entreprise de biotech à la soumission, via une plate-forme web sécurisée et de manière confidentielle, d’une structure chimique modélisée qui va subir une première batterie de tests in silico afin d’identifier des structures chimiques potentiellement intéressantes pour un développement ultérieur.

La seconde phase, toujours basée sur la plate-forme web, et toujours confidentielle, permettra à l’institution publique ou l’entreprise de biotech de faire tester physiquement ses échantillons dans des modèles phénotypiques in vitro, propriété d’Eli Lilly : Maladie d’Alzheimer, Diabète, Cancer et Ostéoporose et d’obtenir un ensemble de résultats caractérisant l’activité de son composé dans ces différents modèles.

Une fois passées ces deux phases – décrites en détail ici – pourront débuter d’éventuelles négociations entre Lilly et l’institution propriétaire du composé sur les suites à donner au développement : publication des résultats ou partenariat de R&D avec partage de propriété sur la molécule.

A nouveau et comme dans la plupart des cas de transfert de données, ce sont la sécurisation et la garantie de confidentialité du système qui sont les points critiques de la solution développée par Lilly, mais c’est en tout cas une initiative à suivre pour vérifier que, comme cela devrait être le cas à mon sens, le web est et sera de plus en plus un outil incontournable en recherche biomédicale.

liens du jour – 05/03/09

[diabètes] World Pharma News – U.S. Adults With Diabetes Take Control of Care Through Innovative Use of Digital Resources – étude sur l’utilisation du web par les diabétiques aux USA.

According to pharmaceutical and healthcare market research company Manhattan Research’s Cybercitizen Health™ study, nine out of ten online diabetes patients use the Internet to research health information, and two-thirds use the Internet to access pharmaceutical product information.

[grippe] Structural and functional bases for broad-spectrum…[Nat Struct Mol Biol. 2009] – PubMed Result – la publi qui fait parler d’elle en ce moment, là par exemple Grippe : un pas vers un vaccin « universel », via le panorama du médecin sur hopital.fr

[…] nAb-based immunotherapy is a promising strategy for broad-spectrum protection against seasonal and pandemic influenza viruses.

[Biotech]Health Blog : Genzyme Shows Biotech Drugs Are Tough to Reproduce – sur la complexité de la production de produits issus des biotech et sur ses conséquences industrielles

Bio2008 à suivre en ligne

Je ne serai malheureusement pas à Bio cette année à San Diego, du 17 au 20 juin.

Mais je suivrai les différents feeds pour capter l’ambiance de la conférence.

Pour résumer :

et le souvenir bonus maison de l’édition 2005 à Philadelphie… ; )

Welcome Bio2005, originally uploaded by pierre-yves.