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Articles Tagués ‘mobilité’

L’automesure de glycémie sur iPhone ? Possible mais…

Dans ce post il y a un peu plus d’un an, je présentais le projet « LifeCase & LifeApp » récompensé par le prix ‘innovation design’ par le site diabetesmine.com en 2009.
Le concept « LifeCase & LifeApp », qui n’était encore qu’un prototype à l’époque, consistait à doter un iPhone d’une interface permettant de transformer le smartphone en lecteur de glycémie.

Aujourd’hui sur Medgadget, on peut lire que Sanofi Aventis, laboratoire pharmaceutique présent sur le marché du diabète, s’est associé à AgaMatrix, société qui commercialise des lecteurs de glycémie, pour développer un combo lecteur / appli iPhone.

Le lecteur iBGStar se branche à l’iPhone (ou iPod) est devient l’interface entre la bandelette de dosage et une application dédiée qui permet la lecture, la sauvegarde et le partage des données.

Deux choses à retenir à mon sens :

Pour le positif, un labo pharmaceutique sort de son coeur de métier pour s’intéresser aux possibilités offertes par les nouvelles technologies, ce n’est pas tous les jours, il faut le signaler.

Pour le négatif, le fait que l’iPhone et plus généralement les smartphones soient encore ignorés par les autorités qui régulent les produits de santé, n’ayant pas été développés dans une optique d’aide à la gestion de sa santé.

La question de la régulation des nouvelles technologies – déjà largement répandues et accessibles au grand public – quand elles s’appliquent au domaine de la santé reste donc posée :  l’iPhone bientôt considéré comme un dispositif médical ? A voir… Il serait néanmoins dommage que ces innovations restent au stade de prototype et du non medical uses only comme le conclut Medgadget !

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Sanoia, la fiche santé en ligne : interview de Adam Mohammed Selamnia

Je parlais dans mon post précédent de la tendance, en terme d’interface santé / nouvelles technologies, des dossiers médicaux électroniques. Un grand nombre d’acteurs se positionnent en effet pour proposer des applications en ligne, utiles pour les patients et les professionnels de santé, garantissant le respect des données personnelles et facilement accessibles par les professionnels de santé pour améliorer les soins de routine ou en situation d’urgence.

Suite à ce post, qui mettait en avant des sociétés nord-américaines, Adam Mohammed Selamnia a réagi sur twitter pour signaler l’existence de l’initiative française, Sanoia.com, de fiche santé en ligne utilisée particulièrement en situation d’urgence, moment critique durant lequel l’accès aux données médicales du patient est essentiel pour bien orienter la prise en charge.

Adam s’est prété au jeu de l’interview afin de présenter dans le détail Sanoia, et je l’en remercie !

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– Peux tu te présenter et présenter Sanoia.com, ainsi que ton rôle dans le projet ?

Je suis Adam Mohammed SELAMNIA. Je suis consultant en Marketing & Santé depuis près de 10 ans et co-fondateur de l’Association pour l’Innovation en situation d’Urgence (AIMSU) et du site Sanoia.com avec Hervé SERVY (Président de l’AIMSU et ex-Directeur Marketing EMEA chez Microsoft) pour lequel je participe en qualité de Directeur Scientifique. Au sein de l’AIMSU nous avons un comité scientifique de plus de 20 médecins en charge de la production de la matière médicale pour Sanoia.com. Par ailleurs, nous avons dans notre équipe des spécialistes de l’IT et collaborons avec des instituts de recherche sur les notions d’anonymat et d’Identité Numérique.

Sanoia.com permet à chacun de disposer sur Internet de sa «fiche-santé ».
Anonyme et gratuite, cette fiche récapitule les informations médicales essentielles à une prise en charge en urgence : antécédents médicaux, traitements suivis, maladies chroniques, vaccins, allergies… Elle est accessible à tout médecin, en France et à l’étranger, 24h/24 et maintenant en plusieurs langues, grâce à un numéro sécurisé que le titulaire de la fiche conserve sur lui. En prenant ainsi connaissance du profil médical de leur patient, les médecins – notamment les urgentistes – peuvent alors améliorer leur prise en charge. La Commission Nationale Informatique et Liberté (CNIL) a accompagné Sanoia et a conclu à son strict respect de la vie privée grâce à son anonymat innovant.

C’est donc clairement un outil Santé 2.0 qui place l’individu qu’il soit sain ou souffrant d’une pathologie au centre du dispositif et qui en fait le propriétaire et le responsable de ses données de santé. Il accompagne donc les changements sociétaux caractérisés par l’appropriation par le patient des ses informations personnelles tout en lui procurant une forte et absolue garantie de confidentialité.

– Quelles sont les origines du projet et constats qui ont conduit à cette idée ? Comment le projet a t’il été conçu et développé ?

L’équipe est née en 2008 du constat médical suivant : Pour près de 2 personnes sur 3, l’absence d’informations médicales sur le patient lors d’un acte médical est responsable d’une forte iatrogénie (300 000 accidents par an en France et plus de 10 000 décès).

De plus, les causes médicales sous-jacentes sont en augmentation :
· vieillissement de la population appelant de facto une plus grande médication source d’interactions,
· prévalence des pathologies chroniques qui impactent le choix d’un traitement,
· plus grande mobilité voire nomadisme médical (consulter plusieurs médecins) empêchant le professionnel d’avoir une vision globale du patient…

Enfin, tous ces phénomènes se trouvent amplifiés en situations d’urgence lorsque le temps presse pour prendre les bonnes décisions et que les informations disponibles sur le patient sont inexistantes (près de 80% des situations…).

Mais consciente que l’information médicale peut être une source d’indiscrétion, d’inquiétudes quant à sa vie privée, voire de ségrégation, et que nulle technologie « internet » ne pouvait à priori être fiable, notre équipe a rapidement compris qu’il fallait revoir les axiomes de l’identification des individus.
Nous avons décidé ensemble d’explorer de nouvelles pistes de gestion de l’information médicale.
Quelques mois plus tard, Sanoia, le premier service de fiche santé anonyme d’urgence est né…

Le projet est exploitée par une association soutenue par des structures publiques de valorisation de la Recherche (Incubateur Belle de Mai). Nous avons adopté dès le départ un développement itératif en associant médecins généralistes, médecins urgentistes et patients. La version actuelle concentre plus d’un an de mise au point et essais en conditions réelles. A ce jour nous avons déjà plus de 10 000 personnes enregistrées dans Sanoia et le site a reçu en décembre 2009 le trophée du Meilleur Site Web Santé, dans le cadre du colloque « Médias et santé » organisé en décembre 2009 à Marseille par le quotidien La Provence et l’Université de la Méditerranée.

– Quel est le « business model » de sanoia.com ?

L’association propose via une structure privée sise à l’incubateur Belle de Mai, des services informatiques d’intégration.
En effet des acteurs de la donnée médicale (hôpitaux, éditeurs de logiciels médicaux) sont interessés pour s’intégrer à Sanoia afin de nous déposer une partie de leurs données pour offrir un nouveau service au patient.

Basé sur l’Open source, les services de base sont gratuits pour le patient. A terme et afin d’être rentable, il n’est pas exclu de développer des services complémentaires et optionnels payants à valeur ajoutée. Le modèle économique est donc celui d’un freemium de type indirect à court terme (gratuit pour le patient pour les options de base, payant pour les partenaires institutionnels ou privés) et freemium de type direct à plus long terme (gratuit pour le patient pour les options de base, et payant pour les options complémentaires).

De plus avec l’arrivée prochaine du Dossier Médical Personnel, nous voyons là des pistes prometteuses d’intégration et une accélération de l’informatisation de la médecine. Car Sanoia n’est aucunement un concurrent au DMP mais un complément circonstancié aux urgences et à l’accès international.

– Comment vois tu le futur des données médicales en ligne et plus généralement celui du web santé ?

La donnée médicale est particulière car c’est la seule donnée que nous ne choisissons pas et dont nous ne prenons pas le risque de transformer car si l’internaute a plusieurs vies sur le web, les informations relatives à sa santé ne peuvent être que réelles. Cette donnée médicale est très dangereuse si elle est utilisée à des fins de « recoupement » car notre état de santé peut influencer une grande partie de nos actions civiles, administratives, financières, consommatrices… Comme le dit JY Robin de l’ASIP, « rien ne se fera s’il n’y pas de confiance. Et la confiance en matière de santé passe par des garanties éthiques très fortes. »

C’est pour cela que notre premier soutien, et nous en sommes très heureux, fut le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) qui nous demanda d’apporter notre éclairage en 2008 pour illustrer leur rapport sur le DMP et les risques éthiques…

Quant au web santé, il est évident qu’il va continuer à influencer et modifier grandement la relation médecin / patient.
S’il ne la remplacera pas, cela va à mon avis dans le bon sens car il permet au patient d’être mieux informé et de devenir plus acteur de sa santé. Par contre dans tout nouvel usage, des excès sont classiques au début (forums trop alternatifs, consultation médicale à base de quizz….), mais au final cela se stabilise vers une situation en générale équilibrée et saine …

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Je complète les propos d’Adam par une vidéo tirée du youtube de Sanoia.

en 2010, je mise sur…

biogeekblog sort de son hibernation et se remet au boulot en ce début d’année.

Et puisque que nous sommes encore en janvier, il est encore temps de faire le bilan de 2009 et de parier sur quelques tendances pour l’année à venir dans le web santé.

Alors que retenir de 2009 ?

Certainement et en premier lieu, la montée en puissance de twitter, notamment en France et en particulier dans le domaine de la santé, où de nombreux comptes ont été créé l’an passé.
On twitte de plus en plus en français et à propos de santé.
Alors que les utilisateurs intéressés par la santé se comptaient sur les doigts d’une main il y moins d’un an, il suffit de parcourir les listes twitter santé, comme par exemple celle-ci, celle-ci ou encore celle-ci, pour se rendre compte que ce n’est plus le cas aujourd’hui et qu’une vraie communauté santé francophone, pas du tout déconnectée du reste du monde, existe bel et bien.

Le meilleur de twitter en français a même droit à sa catégorie santé.

Sachez enfin que le nombre d’utilisateurs a doublé en France entre juin et décembre 2009, que nous sommes 127 500 utilisateurs sur la plate-forme de microblogging. Dont 14 pharmaciens, 28 médecins. Environ. Et d’après @supergélule.

Twitter a aussi permis en 2009 de fédérer la communauté #hcsmeu (healthcare social media europe), dont je parlais ici en août 2009.

Alors en 2010, on mise sur quoi ?

J’ai envie pour ma part de parier sur foursquare, qui combine un jeu et un réseau social basés sur la géolocalisation et la mobilité. Pour faire simple, sur foursquare, je partage avec mon réseau ma localisation en temps réel grâce à mon téléphone mobile, et je suis récompensé pour cela.

Quel est l’intérêt de foursquare dans le domaine de la santé ? Impossible de répondre avec précision aujourd’hui à cette question, mais certains la posent et lancent déjà des idées comme Phil Baumann, non sans humour, dans son post Foursquare Is Powerful Enough to Cure Insomnia and Depression.

Comme twitter au début, je n’ai pas encore bien compris à quoi cela pouvait me servir, mais l’usage me le montrera (ou pas).

On en reparle dans un an ?

Et très bonne année 2010 !

iPhone et applications médicales : de belles perspectives

Très bon article de Advertising Age sur le potentiel des smart-phones, et principalement de l’iPhone, en terme d’utilisations et d’applications médicales.
On y apprend que les applications médicales disponibles pour iPhone sont la troisième catégorie la plus dynamique en terme de croissance après les jeux et les applications pour le voyage.
On en dénombre déjà 500 différentes dédiées à la médecine, utiles aux patients, aux étudiants ou aux médecins, qui peuvent être de simple supports au quotidien (répertoire des normales biologiques, calcul de doses, carnets de suivi de traitement…) ou des dispositifs plus élaborés où l’iPhone devient une interface de lecture couplée à un dispositif externe de mesure.

Un exemple signalé dans les commentaires dans le domaine du diabète est le système LifeCase & LifeApp, qui a remporté le prix innovation design 2009 du blog diabetesmine.com tout récemment.
Ce système « 3 en 1 » au stade du prototype combine lecture de la glycémie, adaptation de la dose d’insuline et carnet de suivi, avec un dispositif et une interface unique.
Le tout est expliqué dans cette vidéo…

Deux autres aspects intéressants discutés dans cet article : l’utilisation de l’iPhone par l’industrie pharmaceutique comme lien avec les patients et les prescripteurs, domaine dans lequel les potentiels d’accompagnement des traitements sont évidents et en corollaire la question de l’accompagnement réglementaire de ses évolutions, où quand l’iphone n’est plus un simple téléphone et devient un dispositif médical à part entière.

[Merci à Delphine de m’avoir signalé cet article]