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Articles Tagués ‘santé 2.0’

#health2eu : mes 10 premières impressions

Dix impressions personnelles, à chaud, sans hiérarchie particulière, après les 2 jours #health2eu, pardon, Health 2.0 Europe, un événement riche en informations, discussions, idées et rencontres…

1- Twitter est devenu l’outil incontournable pour accompagner un tel événement. Pour s’en rendre compte il suffit de consulter les statistiques du hashtag officiel #health2eu (3,232 tweets, 320 contributeurs ce matin) et les données brutes compilant deux jours de tweets : impressionnant !

2- Des interactions avec le public, par sondage en direct qui permettent d’orienter les débats, notamment durant les sessions de questions / réponses.

3- La Pharma qui se cherche encore dans l’environnement santé 2.0 : sponsor, partenaire des réseaux de patients, porteuse de messages de santé publique, acteur de recherche… ? A ce titre et en lien avec le point précédent, une contradiction dans la perception du rôle de la Pharma sur le volet recherche : à propos des relations entreprises de santé / réseaux de patients, moins de la moitié de l’auditoire pense que l’implication des entreprises pharmaceutiques peut être bénéfique, dans le même temps 60% du public voyait dans les réseaux de patients des outils utiles pour la recherche clinique…

4- Des présentations compliqués d’outils simples (voir d’outils compliqués) mais aussi des présentations simples d’outils novateurs. J’ai une préférence pour la seconde option. A ce sujet, les trois présentations et services qui m’ont le plus marqué : la plate-forme de partage de cas cliniques medting.com, l’expérience des patients britanniques pour améliorer les services du NHS patientopinion.org.uk ou les  600 fils RSS médicaux compilés par medworm.com.

5- De belles rencontres, tweeter, bloguer c’est virtuel mais cela amène à des rencontres dans la vraie vie, et c’en est d’ailleurs tout l’intérêt : des rencontres de superstars de la santé 2.0 (@berci, @jamie_heywood, @supergelule) ou de simples congressistes… Toujours sympa de mettre un visage et une voix derrière un twitter ou un blog !

6- Une organisation militaire millimétrée et hyper bien timée, qui change des événements franco-français qui dérivent parfois en longueur pour non respect de l’agenda.

7- Des outils pour évaluer, noter, apprécier les service de santé et notamment l’hôpital, comme Le Guide Santé en France.

8- Des références toujours utiles aux fleurons de la technologie française : le TGV et le Minitel !

9- Des autorités françaises encore un peu frileuses par rapport au web 2.0 : l’AP-HP qui « ne déconseille, ni ne recommande les réseaux sociaux aux patients », la HAS qui reconnait officiellement la certification Health on the Net, mais, mais… voir à ce sujet le post de @grangeblanche qui partageait ses réactions à distance via twitter et le lancement du futur meme #jeneconnaispas.

10- Des blockbusters US de la santé 2.0 (PatientsLikeMe, Sermo, Google Health…) mais aussi des blogueurs frenchy qui bousculent le paysage de l’information santé, à l’occasion de  la très intéressante table-ronde du deuxième jour animée par Lucie @RPsante.

Plein de choses encore à digérer avant d’en dire plus… En attendant, bravo aux organisateurs, bénévoles et sponsors de cet événement.

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Sanoia, la fiche santé en ligne : interview de Adam Mohammed Selamnia

Je parlais dans mon post précédent de la tendance, en terme d’interface santé / nouvelles technologies, des dossiers médicaux électroniques. Un grand nombre d’acteurs se positionnent en effet pour proposer des applications en ligne, utiles pour les patients et les professionnels de santé, garantissant le respect des données personnelles et facilement accessibles par les professionnels de santé pour améliorer les soins de routine ou en situation d’urgence.

Suite à ce post, qui mettait en avant des sociétés nord-américaines, Adam Mohammed Selamnia a réagi sur twitter pour signaler l’existence de l’initiative française, Sanoia.com, de fiche santé en ligne utilisée particulièrement en situation d’urgence, moment critique durant lequel l’accès aux données médicales du patient est essentiel pour bien orienter la prise en charge.

Adam s’est prété au jeu de l’interview afin de présenter dans le détail Sanoia, et je l’en remercie !

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– Peux tu te présenter et présenter Sanoia.com, ainsi que ton rôle dans le projet ?

Je suis Adam Mohammed SELAMNIA. Je suis consultant en Marketing & Santé depuis près de 10 ans et co-fondateur de l’Association pour l’Innovation en situation d’Urgence (AIMSU) et du site Sanoia.com avec Hervé SERVY (Président de l’AIMSU et ex-Directeur Marketing EMEA chez Microsoft) pour lequel je participe en qualité de Directeur Scientifique. Au sein de l’AIMSU nous avons un comité scientifique de plus de 20 médecins en charge de la production de la matière médicale pour Sanoia.com. Par ailleurs, nous avons dans notre équipe des spécialistes de l’IT et collaborons avec des instituts de recherche sur les notions d’anonymat et d’Identité Numérique.

Sanoia.com permet à chacun de disposer sur Internet de sa «fiche-santé ».
Anonyme et gratuite, cette fiche récapitule les informations médicales essentielles à une prise en charge en urgence : antécédents médicaux, traitements suivis, maladies chroniques, vaccins, allergies… Elle est accessible à tout médecin, en France et à l’étranger, 24h/24 et maintenant en plusieurs langues, grâce à un numéro sécurisé que le titulaire de la fiche conserve sur lui. En prenant ainsi connaissance du profil médical de leur patient, les médecins – notamment les urgentistes – peuvent alors améliorer leur prise en charge. La Commission Nationale Informatique et Liberté (CNIL) a accompagné Sanoia et a conclu à son strict respect de la vie privée grâce à son anonymat innovant.

C’est donc clairement un outil Santé 2.0 qui place l’individu qu’il soit sain ou souffrant d’une pathologie au centre du dispositif et qui en fait le propriétaire et le responsable de ses données de santé. Il accompagne donc les changements sociétaux caractérisés par l’appropriation par le patient des ses informations personnelles tout en lui procurant une forte et absolue garantie de confidentialité.

– Quelles sont les origines du projet et constats qui ont conduit à cette idée ? Comment le projet a t’il été conçu et développé ?

L’équipe est née en 2008 du constat médical suivant : Pour près de 2 personnes sur 3, l’absence d’informations médicales sur le patient lors d’un acte médical est responsable d’une forte iatrogénie (300 000 accidents par an en France et plus de 10 000 décès).

De plus, les causes médicales sous-jacentes sont en augmentation :
· vieillissement de la population appelant de facto une plus grande médication source d’interactions,
· prévalence des pathologies chroniques qui impactent le choix d’un traitement,
· plus grande mobilité voire nomadisme médical (consulter plusieurs médecins) empêchant le professionnel d’avoir une vision globale du patient…

Enfin, tous ces phénomènes se trouvent amplifiés en situations d’urgence lorsque le temps presse pour prendre les bonnes décisions et que les informations disponibles sur le patient sont inexistantes (près de 80% des situations…).

Mais consciente que l’information médicale peut être une source d’indiscrétion, d’inquiétudes quant à sa vie privée, voire de ségrégation, et que nulle technologie « internet » ne pouvait à priori être fiable, notre équipe a rapidement compris qu’il fallait revoir les axiomes de l’identification des individus.
Nous avons décidé ensemble d’explorer de nouvelles pistes de gestion de l’information médicale.
Quelques mois plus tard, Sanoia, le premier service de fiche santé anonyme d’urgence est né…

Le projet est exploitée par une association soutenue par des structures publiques de valorisation de la Recherche (Incubateur Belle de Mai). Nous avons adopté dès le départ un développement itératif en associant médecins généralistes, médecins urgentistes et patients. La version actuelle concentre plus d’un an de mise au point et essais en conditions réelles. A ce jour nous avons déjà plus de 10 000 personnes enregistrées dans Sanoia et le site a reçu en décembre 2009 le trophée du Meilleur Site Web Santé, dans le cadre du colloque « Médias et santé » organisé en décembre 2009 à Marseille par le quotidien La Provence et l’Université de la Méditerranée.

– Quel est le « business model » de sanoia.com ?

L’association propose via une structure privée sise à l’incubateur Belle de Mai, des services informatiques d’intégration.
En effet des acteurs de la donnée médicale (hôpitaux, éditeurs de logiciels médicaux) sont interessés pour s’intégrer à Sanoia afin de nous déposer une partie de leurs données pour offrir un nouveau service au patient.

Basé sur l’Open source, les services de base sont gratuits pour le patient. A terme et afin d’être rentable, il n’est pas exclu de développer des services complémentaires et optionnels payants à valeur ajoutée. Le modèle économique est donc celui d’un freemium de type indirect à court terme (gratuit pour le patient pour les options de base, payant pour les partenaires institutionnels ou privés) et freemium de type direct à plus long terme (gratuit pour le patient pour les options de base, et payant pour les options complémentaires).

De plus avec l’arrivée prochaine du Dossier Médical Personnel, nous voyons là des pistes prometteuses d’intégration et une accélération de l’informatisation de la médecine. Car Sanoia n’est aucunement un concurrent au DMP mais un complément circonstancié aux urgences et à l’accès international.

– Comment vois tu le futur des données médicales en ligne et plus généralement celui du web santé ?

La donnée médicale est particulière car c’est la seule donnée que nous ne choisissons pas et dont nous ne prenons pas le risque de transformer car si l’internaute a plusieurs vies sur le web, les informations relatives à sa santé ne peuvent être que réelles. Cette donnée médicale est très dangereuse si elle est utilisée à des fins de « recoupement » car notre état de santé peut influencer une grande partie de nos actions civiles, administratives, financières, consommatrices… Comme le dit JY Robin de l’ASIP, « rien ne se fera s’il n’y pas de confiance. Et la confiance en matière de santé passe par des garanties éthiques très fortes. »

C’est pour cela que notre premier soutien, et nous en sommes très heureux, fut le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) qui nous demanda d’apporter notre éclairage en 2008 pour illustrer leur rapport sur le DMP et les risques éthiques…

Quant au web santé, il est évident qu’il va continuer à influencer et modifier grandement la relation médecin / patient.
S’il ne la remplacera pas, cela va à mon avis dans le bon sens car il permet au patient d’être mieux informé et de devenir plus acteur de sa santé. Par contre dans tout nouvel usage, des excès sont classiques au début (forums trop alternatifs, consultation médicale à base de quizz….), mais au final cela se stabilise vers une situation en générale équilibrée et saine …

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Je complète les propos d’Adam par une vidéo tirée du youtube de Sanoia.

Santé, biotech : qui innove en 2010 ?

Fast Company vient de publier son top des 50 entreprises les plus innovantes de ce début 2010.

Speed

Deux catégories ont retenu mon attention, Health Care et Biotech, et voici une lecture synthétique de ce que l’on peut en retenir :

Côté santé, plusieurs tendances se dessinent :

  • Le développement des dossiers médicaux électroniques (EMR) : Athenahealth (#3 santé #43 global) et son EMR en ligne pour diminuer la paperasse au cabinet médical, ou la HMO Kaiser Permanente (#5 santé) qui travaille avec le département des Vétérans US pour développer les échanges de données médicales et l’interopérabilité des systèmes. GE est également dans la course,
  • Le succès confirmé du modèle de réseau social en santé, tant pour les patients, avec PatientsLikeMe (#2 santé #23 global) ou que pour les professionnels, avec Sermo (#4 santé),
  • Les applications basées sur le web pour répondre à de nouvelles attentes des patients, AmericanWell (#10 santé) et la consultation médicale en ligne, ou encore à nouveau Athenahealth qui s’adresse aux médecins,
  • Des innovations « en dur » : les dispositifs ultra-portables (échographie, ECG…) pour GE (#1 santé #19 global), la robotique médicale pour Intuitive Surgical (#7 santé), les implants rétiniens pour Second Sight (#9 santé),
  • Et encore, l’éducation thérapeutique le coaching personnalisé dans les maladies chroniques pour la chaîne de pharmacies Walgreen (#6 santé) ou les solutions de médecine à distance en zone rurale pour Cisco System (#8 santé #17 global).

En biotech, 8 entreprises parmi les 10 classées le sont avec des applications pour la santé :

  • Les vaccins et particulièrement de nouvelles techniques de production industrielle pour Novartis (#1 biotech, #8 global) et Novavax (#9 biotech), mais aussi les médicaments issus des biotech, que sont anticorps monoclonaux et protéines recombinantes pour Roche/Genentech (#4 biotech) et Regeneron Pharmaceuticals (#10 biotech)
  • La médecine régénératrice basée sur les propriétés des cellules souches pour Cytori Therapeutics (#3 biotech) et Osiris Therapeutics (#6 biotech),
  • Les applications issues de la connaissance du génome et du développement des -omics (voir mon post récent à ce sujet) : médicament développé sur une hypothèse génétique pour Human Genome Sciences (#5 biotech),
  • Enfin, la stratégie de Biogen Idec (#5 biotech), que l’on aurait pu retrouver également dans la catégorie Health Care, qui développe des programmes d’accompagnement des patients traités par son médicament phare contre la sclérose en plaques.

Il faut noter que Biotech et Health Care sont distingués par Fast Company, peut être de manière délibérée pour faire rentrer plus d’entreprises dans les différents top ? ce qui signifierait, et confirmerait que biotech et santé sont des secteurs étroitement liés et porteurs d’innovation !

Même si la majorité des entreprises citées et classées est nord-américaine – quelques acteurs européens sont présents en bonne place dans la catégorie biotech – Fast Company propose des focus régionaux sur l’Inde et sur la Chine.

Et l’entreprise la plus innovante pour Fast Company en ce début d’année 2010 ? 15 millions de Français en sont « client » ou l’ont au moins utilisé une fois, vous voyez de qui je veux parler ?

[photo : tubes / flickr]

Hôpital et web social : en Europe aussi

Je faisais la semaine dernière référence au travail d’Ed Bennett qui suit la présence des hôpitaux aux États Unis sur les médias sociaux.

Thiphaine s’interrogeait dans un commentaire sur une vision française de la question.

Un début de réponse peut être obtenu sur le blog European Hospitals qui est le pendant européen de l’Hospital Social Network List d’Ed Bennett.

Comme Lucien Engelen l’explique sur ce blog, le but est de transposer l’analyse aux hôpitaux européens, néerlandais en tête, et d’assurer un suivi de l’engagement des établissements dans le web social :

Inspired by the American list of Hospitals of @edbennet i’ve started this list. At first to chart the Dutch Hospitals, secondly i thought it might be  a good idea the also give possibility to point to other European Hospitals and update on a quarterly basis

L’état d’avancement du projet en vidéo…

A retenir :

– 2800 hôpitaux européens  sont passés en revue dans cet état des lieux

– Ce sont les hôpitaux suédois qui sont les plus engagés dans le web social avec 11% d’entre eux publiant des fils RSS et 4% des blogs, suivi des hopitaux espagnols et danois.

– Les hôpitaux britanniques et néerlandais se démarquent par leurs présences sur une variété plus large de plates-formes sociales, dont les plates-formes vidéo

– Le secteur hospitalier français fait lui un usage très réduit du web social, seul est référencé dans l’étude le centre hospitalier de Rouffach en Alsace qui publie un blog pour les 100 ans de l’établissement. Sur ce point, le site hopital.fr de la FHF (voir mon post à l’occasion de son lancement), orienté grand public, n’est pas référencé.

Les résultats préliminaires de cette étude seront publiés à l’occasion de la conférence ReShape 2009, à Nijmegen, aux Pays Bas, les 12 et 13 octobre prochain.

[étude] médias sociaux, patients, santé

The Wisdom of Patients: Heath Care Meets Online Social Media

… un très bon rapport sur les médias sociaux, la participation des patients et leurs applications en santé, publié par la California Healthcare Foundation, accessible ici.

[via pulse&signal].