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Articles Tagués ‘télémédecine’

Comment exercerez vous la médecine en 2015 ?

… c’était le titre un peu ambitieux de la session du Médec 2010 consacrée à la e-santé, hier mercredi 17 mars.

Ambitieux aux dires même de Dominique Lehalle, l’animatrice de cette session parrainée par l’Agence des Systèmes d’Information Partagés de santé, ou ASIP Santé (ex-GIP DMP), puisqu’en 1h30 il était entendu qu’il serait impossible de cerner l’exercice de la médecine en 2015 et de proposer une visite du « cabinet médical du futur »*.

Salle comble au début (moins à la fin) de cette session e-santé donc, au cours de laquelle ont été abordés les thèmes concourant à créer un environnement favorable aux solutions de télémédecine et e-santé :

  • Contraintes démographiques : moins de médecins et des manières d’exercer la médecine qui évoluent (regroupement, partages des tâches), une population vieillissante et une augmentation de la part des maladies chroniques…
  • Contraintes économiques : un système de santé déficitaire, des choix à faire en terme de rémunération des actes médicaux…
  • Demande sociétale grandissante d’accès aux soins, aux services et biens de santé, le patient au coeur et véritable acteur « prescripteur » du système de santé…
  • Contexte réglementaire en évolution (loi HPST, ARS, maisons de santé…) et volonté politique de développer l’e-santé en France…

Cependant des obstacles restent encore à lever : optimisation des systèmes d’informations, de leur interopérabilité, permettant que les données soient partagées entre tous les acteurs, en ville et à l’hôpital. De plus la question du business model et des ressources que les pouvoirs publics sont prêts a consacrer aux solutions de télémédecine est à nouveau posée : les temps actuels sont peu propices aux investissements et plutôt à la maîtrise des coûts de santé.

En guise d’illustration, on retiendra la présentation du dispositif Intel Health Guide, de suivi à domicile de patients âgés chroniques, basé sur une interface localisée au domicile, permettant un monitoring à distance du patient accompagné de programmes d’éducation thérapeutique.

Ce dispositif a été déployé en dans le Lothian, en Ecosse, sous l’égide de la branche locale du NHS, en phase pilote auprès d’une cohorte de 30 patients, visant à tester l’adhésion à ce type de solution de télémédecine.

A voir pour comprende, cette vidéo, projetée durant la session, présentant le dispositif et le retour des différents intervenant y ayant pris part (avertissement : bonnes connaissances de l’anglais avec fort accent écossais requises pour comprendre toutes les subtilités de l’appréciation : ) )

Tous ce dispositif est marqué CE, et sera disponible en France à la mi 2010.

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* à ce sujet et en mode ‘retour vers le futur’, il est toujours plaisant de trouver sur le web, des archives datant de 1999 (ce qui à l’échelle du web correspond à peu près la sortie de la pré-histoire), janvier 1999 donc et ce colloque au titre prometteur : L’Informatisation du Cabinet Médical du Futur.

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Plus de sujets e-santé sur biogeekblog.

Sympo TIC & Santé, 22 janvier : conclusions du rapport parlementaire télésanté

Ce billet vient conclure une série de synthèses des présentations de la matinée du Symposium TIC & Santé, organisé par Medicen, System@tic et Cap Digital, qui s’est tenu à Paris le 22 janvier 2010 :

A lire également sur biogeekblog :

– bionumérique : 3 clusters dans la course

– sympo TIC & Santé, 22 janvier : System biology, omics, translational cancer medicine

– Sympo TIC & Santé, 22 janvier : la robotique au service de la personne

Sympo TIC & Santé, 22 janvier : le centre national de référence santé à domicile autonomie

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La dernière session de la matinée, au cours du symposium TIC & Santé du 22 janvier 2010, était la présentation par Emmanuel Pavageau, PDG de la société 2IM, des conclusions de la mission parlementaire conduite par Pierre Lasbordes, Député de l’Essonne, qui a donné lieu au rapport « La télésanté : un nouvel atout au service de notre bien-être – Un plan quinquennal éco-responsable pour le déploiement de la télésanté en France », remis à Roselyne Bachelot en octobre 2009.

Le rapport complet est disponible sur le site de la Documentation Française.

Emmanuel Pavageau a proposé une description synthétiques des 15 recommandations de ce plan quinquennal pour le développement de la télésanté, dans l’ordre :

– Obtenir un engagement national et un financement : si l’engagement des pouvoirs publics pour mettre en oeuvre la télésanté semblait acquis en cette fin janvier 2010, rien n’était sûr concernant l’aspect financement (Grand Emprunt Emprunt National ? PLFSS ?… ),
– Adapter l’organisation du système de santé : afin de réduire la fracture territoriale sur le plan sanitaire et médico-social, liée à la désertification médicale, il faut revoir les infrastructures, en donnant accès à des services de télésanté à des points fixes comme par exemple les maisons de santé, particulièrement en milieu rural, dont le développement est soutenu dans le cadre de la loi HPST,
– Etablir comme priorité le maintient à domicile et le retour à domicile après hospitalisation,
– Optimiser l’organisation médicale et technique,
– Mettre à profit la télésanté dans le domaine du handicap et pour personnes âgées dépendantes,
– Ouvrir les établissements pénitenciers à la télésanté,
– Sécuriser les usages de la télésanté et les aspects juridiques, notamment la question de  responsabilité médicale dans le cadre de la télésanté,
– Discuter de la rémunération et du remboursement des actes de télésanté : sera t’il forfaitaire ou non… ? Des aménagements réglementaires sont à prévoir
– Labelliser des services, des produits, et accréditer des établissements (via le CNR Santé notamment),
– Assurer la formation des professionnels,
– Ouvrir des portails grand public d’informations sanitaires sur les questions du quotidien, au niveau des régions ou des départements,
– Inciter au développement de projets industriels : là encore la question du modèle économique de cette nouvelle industrie est posée car liée à celle de la rémunération de la télémédecine,
– Contribuer à l’observance thérapeutique et à la prise en charge globale de la maladie,
– Sélectionner des projets,
– Communiquer sur la télésanté et ses enjeux.

Des prérequis sont par ailleurs établis par la mission parlementaire pour une bonne mise en oeuvre de ce plan quinquennal : aspects éthiques de la télésanté, limites techniques (diffusion du haut débit, accès à internet sur le lieu de travail pour tous les acteurs de la télésanté), le DMP et l’évaluation des solutions de télémédecine.

Le déploiement national de la télémédecine se fera d’une part via les ARS et d’autre part via des projets pilotes, comme par exemple des solutions de mutualisation en imagerie médicale.

Espérons à nouveau que ce plan ambitieux donne lieu à des réalisations concrètes dans les prochains mois et après. A suivre…

Sympo TIC & Santé, 22 janvier : le centre national de référence santé à domicile autonomie

Le temps passe et j’ai encore des éléments à partager à propos du symposium TIC & Santé du 22 janvier dernier, à savoir la seconde conférence, de présentation du Centre National de Référence Santé à Domicile et Autonomie et enfin la dernière sur laquelle je reviendrai dans un prochain billet, à propos du récent rapport de la mission parlementaire Lasbordes sur la télésanté.

Le CNR Santé à Domicile et Autonomie, présenté par Patrick Malléa, Responsable des projets Santé, Pôle Solutions Communicantes Sécurisées, est une structure nouvellement créée (décembre 2009) résultant de l’association des CHU et des pôles de compétitivité de quatre villes françaises (Grenoble, Nice, Toulouse et Limoges) en réponse à un appel à projets lancé en 2008 par le gouvernement, en vue de fédérer en France une filière télésanté et santé à domicile.

Cette super structure nationale, physiquement localisée à Nice, a avant tout pour objet de valoriser au niveau national, en cohérence, les compétences et les technologies dans le domaine de la télésanté et d’éviter des initiatives dispersées et non coordonnées. Elle regroupe hors de ses membres fondateurs, des offreurs privés (France Télécom, IBM…) ou publics (laboratoires académiques INRIA, CEA…) de solutions en télémédecine, des utilisateurs (laboratoires pharmaceutiques comme Pierre Fabre, associations comme l’AFM ou le CISS) ainsi que d’autres partenaires (FHF, SNITEM…).

Le CNR doit permettre de répondre à trois enjeux des TIC dans le domaine de la santé :
– Atteindre de nouvelles performances dans le domaine sanitaire et social,
– Evaluer les résultats du « service rendu » de la télémédecine en terme d’amélioration de la qualité de vie,
– Développer l’acceptation et des comportements favorables à l’émergence de nouvelles pratiques médicales basées sur les TIC.

Les domaines prioritaires d’interventions du CNR seront celui de la population générale (à nouveau cette notion de comportements favorables à la télésanté), mais aussi les patients chroniques, le handicap, le vieillissement et la dépendance.

Le CNR mobilisera également les filières pouvant apporter leur expertise à la santé à domicile et au maintient d’activité en cas de maladie (secteur du sport et et des loisirs, des voyages, de la communication et du multimédia, ou encore de l’alimentation et de l’habillement). Des ponts seront également à créer avec le secteur de l’habitat (architecture et urbanisme favorables) et enfin la collaboration des financeurs du système de santé sera indispensable pour la cohérence de la filière télésanté en France.

Les résultats du CNR seront évalués sur des critères d’amélioration de la qualité de vie des utilisateurs, d’évolution de l’organisation du système de santé et de dévelopement de la compétitivité, de l’emploi et et de l’innovation (nouveaux métiers – le rôle de relai du pharmacien d’officine a été cité – et nouvelles entreprises sur la santé à domicile).

Dans le dispositif CNR, les pôles de compétitivité auront en effet pour rôle de faire émerger et de labelliser des produits, solutions et services permettant de développer la télésanté, et donc faire émerger ces nouvelles entreprises.

Le CNR Santé à Domicile et Autonomie est donc une initiative à saluer, notamment de part les ambitions affichées et l’étendue des thématiques explorées, et dont la traduction en actions concrètes – j’avoue être resté sur ma faim à ce sujet – et les résultats seront à suivre dans l’avenir.

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A lire également à propos du symposium TIC & Santé du 22 janvier 2010 :

bionumérique : 3 clusters dans la course

sympo TIC & Santé, 22 janvier : System biology, omics, translational cancer medicine

Sympo TIC & Santé, 22 janvier : la robotique au service de la personne

bionumérique : 3 clusters dans la course

American Robotic, originally uploaded by tubes..

J’ai assisté en fin de semaine dernière, à l’Institut Pasteur, au lancement du Partenariat TIC & Santé par les pôles de compétitivité Medicen, System@tic et Cap Digital.

Ces trois pôles de compétitivité franciliens abordent chacun des thématiques a priori éloignées (santé et médecine pour Medicen, systèmes complexes pour System@tic et contenus numériques pour Cap Digital) et ont choisi de s’associer pour développer de nouveaux produits et services à l’interface de la santé et des nouvelles technologies.

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